lundi 28 mars 2011

miles davis (text and illustration.)

Un texte que j'ai écrit sur Miles Davis:

Mars 1959, c’est déjà l’aube du deuxième jour, et Miles est assis, fumant une dernière cigarette. Il penche sa tête qui disparaît dans l’ombre accueillante et se souvient.

Il se souvient des promenades de l’enfance, quand son grand père l’accompagnait sur les routes sinueuses et perturbées de l’Arkansas au bord desquelles ça et là surgissaient d’insolentes églises en bois qui défiaient le temps et les hommes.

Et il se souvient des voix qui lui parvenaient à travers les arbres fous et les collines inquiétantes envahies du cri perçant des chouettes, et qui cherchaient l’horizon où flottaient les derniers rayons du jour. Tous ces gospels bancals, ces hymnes inquiets, mais aussi ces chants de joie, d’espoir et de vie. Ces voix lui parlaient, l’enveloppaient comme arrivées à destination..

Miles se souvient de Lincoln High où M. Buchanan lui apprenait le cornet. C’était toujours la même chose, il fallait jouer ces ennuyeuses marches militaires, mais dès que le vénérable maître s’absentait , la classe explosait en un cri de jazz endiablé et salvateur.

M. Buchanan  aimait bien Miles. Il lui disait : « Arrête de secouer toutes ces notes et de les faire trembler ! Tu trembleras assez quand tu seras vieux ! Développe ton style et deviens un vrai trompettiste ! »

Et Miles se souvient enfin des conseils de son père qui lui avait montré un oiseau par la fenêtre et lui avait dit : « Tu vois, Miles, cet oiseau est un merle, il copie le chant des autres, et il ne faut pas faire comme lui. Reste toi-même, je te fais confiance. »

Et il sort de la pénombre plus fort et rempli de confiance. Il se lève lentement en prenant son instrument et aperçoit un fugitif éclair au plafond. D’un bleu particulier.

/A text i wrote about Miles Davis:

March 1959, and it's the dawn of the second day, and Miles is sitting down, smoking one last cigarette. He is leaning his head, which is disappearing into a comforting shadow, and he is remembering.

He is remembering all these childhood walks, when his grandfather was accompaning him on the sinuous and twisted paths of Arkansas, where some arrogant wooden churches were defying time and men.

And he is remembering all These voices coming through the wild trees and fearful hills crowded by shrieking owls, looking for the horizon where last rays of daylight were floating away. All these uneasy gospel songs, worried hymns, but also some joyous tunes of hope and life. these voices talked to him, wrapped him up like they were coming home...

Miles is remembering  Lincoln High where Mr. Buchanan was teaching him how to play cornet. Always the same thing, these boring military marches had to be played, but as soon as the venerable teacher was leaving the room, the whole class bursted out into a saving and devilish jazz shout.

Mr.Buchanan used to like Miles a lot. He used to say to him: "Would you stop shaking all these notes around! You'll be shaking when you get old! Try to develop your own style and become a real trumpet player!"

And finally, Miles is remembering his father's advice when he showed him a bird outside on a window pane, telling him: "You see, Miles, this is a blackbird, he copies all the other birds' singing, and you can't do that. Just be yourself, I trust you."


And Miles is stepping out of the dark, feeling stronger and filled with confidence. He is slowly standing up, taking his instrument and he is seeing a fleeting flash of lighting on the ceiling. Kind of blue.

1 commentaire:

  1. Salut Jean-Philippe !

    Félicitations pour ce blog. Souhaitons-lui une longue vie !

    Amitiés,

    Marco.

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